BENOIT KILIAN 

BENOIT KILIAN | Accueil

25 septembre 2017 / by Benoit Kilian

Source : BENOIT KILIAN | Accueil

un nouveau disque vient de sortir, il s’agit du duo avec Jean Luc Petit

« la nuit circonflexe »  que vous trouverez ici, chez Fou records

« Gazouillis fragiles d’inconsolés soleils
Remous des dunes
Alluvions de graves
Au tourment du désert oxydé
La nuit circonflexe
Les boréales saignées »

 » Autant de titres, autant d’accroches, autant d’images entrecroisées, autant d’invites à l’errance onirique. C’est l’objet même de cet album que de déclencher des rêves éveillés, entremêlés, incertains.

Un rythme lent, pour ne pas effaroucher d’emblée, pour laisser toute leur place aux couleurs, aux matières sonores. Pour laisser s’amplifier notre souffle, calmement. Des percussions caressées, frottées, aux stridences contrôlées, en résonance, en sympathie avec celles du saxophone, de la clarinette contrebasse. C’est en particulier sur ce dernier instrument que repose cet univers de brumes, de vibrations graves, transpercées parfois de fulgurances suraigües. Ainsi se déploient ces « gazouillis fragiles … » .

Univers heurté, grognement de graves aux percussions frottées, stridences suraigües pour « le désert oxydé ». Une plongée dans une zone de turbulences éraillées et fascinantes.

Et c’est curieusement dans le thème titre de l’album, « la nuit circonflexe », qu’on croit déceler de vagues échos de solos de sax de l’épopée du jazz. Oh, rien de bien évident, mais une impression persistante. Juste peut-être un lointain souvenir du lyrisme d’alors enchâssé dans cette musique radicalement neuve. Une sorte de résidu granitique, épargné par l’érosion du temps et des mémoires, pointant encore par dessus les moraines accumulées depuis lors. La science du presque rien qui charrie des univers.

Une très belle entente illustrée encore et encore, à l’image de ces  » boréales saignées ». Les percussions de Benoît Kilian rappelant les matins calmes, tissant parfois des trames, amplifiant les gazouillis de Jean-Luc Petit, lui laissant par moments tout le silence nécessaire ou au contraire, se faisant discrètement pressant.

Une cinquantaine de minutes d’errances bienfaisantes. Offrez-vous ce moment suspendu. »

GUY SITRUK

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